
Si notre concassé de tomate ne fait pas partie de la liste des produits testés il n'en reste pas moins que ce dossier éclaire sur les pratiques en vigueur.
Le magazine 60 Millions de consommateurs publie, en ce mois de novembre, un dossier complet sur les sauces et produits Ă base de tomates, comparant Ă la fois la qualitĂ©, lâorigine et la composition des rĂ©fĂ©rences que lâon trouve le plus en rayon. Si notre concassĂ© de tomate ne fait pas partie de la liste des produits testĂ©s (et câest bien dommage ! đ), il nâen reste pas moins que ce dossier Ă©claire sur les pratiques en vigueur (pesticides, origine, ajout dâingrĂ©dients). Parce que nos choix et nos dĂ©cisions collectives peuvent influencer les pratiques dâune filiĂšre, saisissons cette occasion pour mieux comprendre ce marchĂ© et vĂ©rifier la pertinence des choix que nous avons faitsâŠ
Il existe plusieurs façons de transformer la tomate, chacune ayant un taux dâeau diffĂ©rent et des usages bien spĂ©cifiques :
- đ Le concassĂ© (notre choix collectif) : il a une teneur en eau Ă©levĂ©e, les tomates ont Ă©tĂ© peu rĂ©duites, simplement pelĂ©es et coupĂ©es. Il peut servir pour les plats mijotĂ©s, les lĂ©gumes farcis, sauces maison, etc. Câest un produit trĂšs peu transformĂ©.
- đ Le coulis : les tomates ont Ă©tĂ© mixĂ©es et filtrĂ©es, sa teneur en eau reste donc importante. Sa texture est fluide et sans morceaux. Il peut servir pour les sauces, soupes, etc.
- đ La sauce tomate : elle est prĂȘte Ă lâemploi pour les pĂątes et pizzas. Elle est souvent cuisinĂ©e avec du sel, du sucre, des aromates ou Ă©paississants selon les recettes industrielles.
- đ Le concentrĂ© (simple ou double) : sa teneur en eau est trĂšs faible (rĂ©duction forte, 70â95 % dâeau retirĂ©e). Il permet de donner du goĂ»t Ă une prĂ©paration, dâĂ©paissir les sauces, etc.
Dans son dossier spĂ©cial, 60 Millions de consommateurs met en avant plusieurs points clĂ©s sur les produits Ă base de tomates. Certains produits se distinguent par une composition simple et une bonne qualitĂ© gustative. Tandis que dâautres rĂ©fĂ©rences sont pointĂ©es du doigt pour :
- La présence de résidus de pesticides,
- Le manque de transparence sur lâorigine rĂ©elle des tomates,
- Et des libellés ambigus qui entretiennent le flou sur le pays de production.
On apprend ainsi que la Chine est devenue le plus gros producteur de tomates au monde, avec prĂšs de 61 millions de tonnes de tomates exportĂ©s chaque annĂ©e. Et voilĂ comment ce pays qui nâen consomme quasiment pas, exporte aujourdâhui 80% de sa production, que lâon retrouve ensuite dans les coulis et les concentrĂ©s que nous achetons. 60 millions de consommateurs Ă©claire Ă©galement sur certaines pratiques commerciales qui visent Ă nous faire croire que leurs tomates ont Ă©tĂ© produites en Italie (packaging aux couleurs du pays, etc).
Enfin, il Ă©voque la prĂ©sence de rĂ©sidus de pesticides dans certaines sauces et concentrĂ©s (mĂȘme parfois sur des rĂ©fĂ©rences labellisĂ©es bio). La tomate reste un fruit fragile nĂ©cessitant des traitements phytosanitaires, dâautant plus lorsquâelle est produite Ă trĂšs grande Ă©chelle, dans certains pays oĂč les contrĂŽles sont moins importants quâen France et oĂč lâusage des molĂ©cules est bien moins encadrĂ© que dans notre pays.
Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, nous pouvons vous conseiller le trĂšs bon documentaire âLâor Rougeâ de Jean-Baptiste Malet et Xavier Deleu.
La France, 5Ăšme producteur europĂ©en de tomates pour lâindustrie.
La France reprĂ©sente seulement 1,6 % de la production europĂ©enne, loin derriĂšre lâItalie (50 %) et lâEspagne (25 %). Notre production ne couvre que 10 Ă 12 % des besoins nationaux.

200 agriculteurs produisent environ 180 000 tonnes de tomates chaque année (dont 15 000 tonnes en bio), dans 10 usines réparties sur le territoire.

CĂŽtĂ© fabricants, trois industriels se partagent 94 % des volumes. Deux dâentre eux sont des filiales de coopĂ©ratives : le âPanier provençalâ de la coopĂ©rative CAPL, qui transforme environ 80 000 tonnes de tomates, et âTomates dâAquitaineâ de la coopĂ©rative Terres du Sud (basĂ©e Ă Bergerac). Enfin, lâentreprise familiale Louis Martin, producteur de notre concassĂ© solidaire đ€, basĂ©e Ă Monteux (84) a accru sa capacitĂ© industrielle de 15 % ces derniĂšres annĂ©es.

A noter que la concurrence asiatique est relativement rĂ©cente (ces 10 derniĂšres annĂ©es). Le dĂ©clin de la filiĂšre française a commencĂ© bien avant lâarrivĂ©e du gĂ©ant chinois, Ă une pĂ©riode oĂč la tomate Ă©tait trĂšs peu valorisĂ©e. LâarrĂȘt de plusieurs gros sites de transformations, lâaugmentation importante des charges du fait de la mĂ©canisation des exploitations, ont contraint les producteurs Ă se tourner vers des types de productions mieux valorisĂ©es (telle que la lavande). On en revient toujours Ă lâimportance de rĂ©munĂ©rer correctement les producteurs pour permettre Ă toute une filiĂšre de perdurer dans notre pays.
Tout lâenjeu aujourdâhui est de moderniser nos exploitations et de se doter de plus dâusines de transformation pour espĂ©rer couvrir 30-35% des besoins nationaux.
Des initiatives pour développer la production de la tomate industrielle en France.
Alors que les besoins français sont passĂ©s de 800 000 tonnes Ă 1,1 million de tonnes en vingt ans, la production française de tomates destinĂ©es Ă la transformation a chutĂ© sur la mĂȘme pĂ©riode de 400 000 tonnes Ă 150 000 tonnes*. La consommation française de tomates transformĂ©es devrait rester dynamique et offrir de belles opportunitĂ©s Ă la tomate transformĂ©e française. La Bretagne qui produit 25 % de la production de tomates en frais nâest, pour lâheure, pas du tout positionnĂ©e sur la tomate pour lâindustrie, avec Ă peine 1 % de la production française.
Face aux besoins du marché et au potentiel de développement de la filiÚre, plusieurs entreprises investissent à nouveau dans la production de tomates en France.
Cofigeo, leader français des produits cuisinĂ©s, veut renforcer lâorigine France tout en sĂ©curisant ses approvisionnements europĂ©ens. Depuis cette annĂ©e, lâentreprise propose aux producteurs du Sud-Est des contrats de trois ans, avec des volumes et des prix garantis. Elle transforme dĂ©jĂ 55 000 tonnes de tomates par an pour ses marques Zapetti et Garbit et vise 10 000 tonnes de tomates françaises en 2025 (contre 7 700 tonnes en 2024).
Panzani suit la mĂȘme dynamique. Lâentreprise, qui utilise chaque annĂ©e 100 000 tonnes de tomates venues majoritairement dâEspagne et dâItalie, souhaite dĂ©velopper une vĂ©ritable filiĂšre française, comme elle lâa fait pour le blĂ© dur. Elle prĂ©voit dâintĂ©grer 6 000 tonnes de tomates fraĂźches françaises dĂšs cette annĂ©e.
*source Tomato News

Notre rĂŽle de consommateur.
Alors que le dĂ©bat public se concentre souvent sur le pouvoir dâachat, Câest qui le Patron ?! Prouve, Ă travers son modĂšle, que Nous, consommateurs, avons un rĂŽle bien plus grand Ă jouer : celui de dĂ©cider des produits que nous voulons voir en rayon. En choisissant des tomates françaises, nous encourageons non seulement la rĂ©industrialisation locale, mais aussi la rĂ©duction de lâempreinte carbone liĂ©e au transport. Ce simple geste soutient des emplois, maintien des filiĂšres fragilisĂ©es et renforce notre souverainetĂ© alimentaire.
Les surfaces de tomates dâindustrie ont chutĂ© de plus de 40 % en dix ans, faute de prix rĂ©munĂ©rateurs. Nous avons choisi au sein de notre dĂ©marche de consommateurs dâagir pour inverser cette tendance. Lorsque lâon choisit des produits dont le prix rĂ©munĂšre justement les producteurs, ce sont des exploitations qui se maintiennent, des pratiques plus durables et meilleures pour notre santĂ© qui sâinstallent. En choisissant de consommer des tomates origine France, transformĂ©es selon un modĂšle Ă©quitable, Nous consommateurs ne sommes plus simples spectateurs : nous influençons directement la façon dont la filiĂšre produit, rĂ©munĂšre et protĂšge â câest lĂ que notre pouvoir de consommer juste sâexerce pleinement.
Notre choix collectifâŻen 2022 : le concassĂ© de tomate
â RĂ©munĂ©ration qui permet au producteur dâĂȘtre rĂ©munĂ©rĂ© au juste prix et dâinvestir sur son exploitation (0,165âŹ/kg de tomates).
â Tomates cultivĂ©es et transformĂ©es en France
â Type de base culinaire : concassĂ© de tomates
â Transformation et conditionnement des tomates en concassĂ© dans les 24h aprĂšs rĂ©colte
âŻâ Aucun ingrĂ©dient supplĂ©mentaire nâest ajoutĂ© !
Le dossier de 60 Millions de Consommateurs, en révélant ce qui se cache derriÚre des étiquettes parfois difficiles à comprendre, pousse les industriels vers plus de transparence et nous permet de choisir de façon éclairée, nous encourage à une vraie prise de conscience dans nos choix de consommations.
Pour notre concassĂ© de tomate, nous Consommateurs, avons choisi collectivement la composition de nos produits, des tomates cultivĂ©es en France, sans ingrĂ©dient supplĂ©mentaire, qui rĂ©munĂšrent justement les producteurs, prĂ©requis Ă toute Ă©volution du secteur vers plus de durabilitĂ© et dâĂ©quitabilitĂ©.
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