Lorsque nous, consommateurs, décidons de rémunérer les producteurs à leur juste prix, cela créé un cercle vertueux qui rend possible l’amélioration des pratiques agricoles.
Le contexte international de ces dernières années (guerre en Ukraine, en Iran, guerres commerciales, etc) a mis à mal nos modèles de production et nous pousse à nous questionner sur les risques qui pèsent sur notre gouvernance alimentaire.
Les éleveurs font face à une volatilité croissante des marchés, à une hausse des coûts de production et à une forte dépendance aux importations, notamment en ce qui concerne l'alimentation animale. Comme les engrais ou les carburants, le prix des aliments achetés est devenu particulièrement instable et imprévisible. Cette instabilité réduit la capacité des agriculteurs à anticiper et à maîtriser leurs dépenses. Dans un monde marqué par des tensions géopolitiques croissantes, où les routes commerciales peuvent être fragilisées ou détournées, il devient essentiel de retrouver davantage d’autonomie alimentaire.
📢 C'est pourquoi nous travaillons, depuis près de 2 ans, aux côtés des éleveurs à l'évolution de notre cahier des charges vers une alimentation française pour nos vaches laitières.
L’évolution de nos cahiers des charges : un projet ambitieux.
C’est une belle histoire qui est en train de s’écrire et qui a commencé en octobre 2024. A cette époque, la rémunération proposée à 0,54€/litre depuis près de 18 mois, est une opportunité pour les producteurs de la démarche de réfléchir collectivement à un projet qui leur permettrait d’améliorer leurs pratiques et l’autonomie sur leurs fermes. C’est ainsi qu’un projet inédit, à l’initiative des producteurs historiques de la Bresse, émerge : faire évoluer l’alimentation des vaches laitières de leurs exploitations pour que chaque élément qui compose la ration soit d’origine française.
Dit ainsi, cela peut paraitre simple, or ce projet qui concerne 650 familles d'éleveurs, est inédit en France, par son ampleur et la volonté commune et partagée des producteurs de lait de faire évoluer leurs pratiques malgré les contraintes que cela pose. Benoit et Aurélien, producteurs de lait pour notre coopérative, nous partagent leur fierté à passer à une alimentation française. 👇
Depuis, les trois organisations de producteurs de notre lait solidaire – l’APLBC (Association des producteurs de lait pour le bien collectif), Landemont et Bresse Val-de-Saône (BVS) – travaillent à nos côtés pour permettre l’évolution du cahier des charges en alimentation française, d’ici janvier 2027.

📢 Si l'alimentation française est déjà incluse dans le cahier des charges de notre lait bio C'est qui le Patron?!, il est en cours de déploiement auprès des producteurs de lait pour notre lait demi-écrémé mais aussi des producteurs de yaourts, de notre fromage blanc, de notre beurre de baratte et de notre emmental râpé. 💪 🙏
L'alimentation française : un choix stratégique pour l'avenir
Proposer un régime alimentaire entièrement français ne consiste pas seulement à produire les fourrages sur l'exploitation. Cela implique également de s'assurer que les concentrés énergétiques et protéiques qui complètent la ration sont eux aussi d'origine française. Et c'est là que le problème se pose. On estime qu'en moyenne 30 % de la ration est encore constituée d'aliments importés. Si les fourrages et les céréales sont majoritairement produits en France, les principales sources de protéines, comme les tourteaux de soja ou de colza utilisés en correcteurs azotés, proviennent encore souvent de l'étranger.
Ecoutons Emmanuelle Lepage et Germain Néré, spécialistes de la nutrition animale chez Seenovia qui accompagne les producteurs de lait sur l’évolution du cahier des charges 👇
« Travailler sur l’alimentation française, c’est anticiper les risques, sécuriser les exploitations et relocaliser de la valeur sur nos territoires. »
Aujourd’hui, dans un contexte international sous tension, retrouver la maîtrise de ce que mangent nos vaches – et donc de ce que nous produisons – n’est plus seulement un objectif : c’est une nécessité. Ce projet montre qu’un autre modèle est possible, à condition de garantir une juste rémunération aux éleveurs. C’est à ce prix que nous pourrons reconstruire, pas à pas, des filières plus autonomes, transparentes et robustes.
Cet été, explorons ensemble les enjeux d’une alimentation française pour nos troupeaux laitiers. Dans le prochain épisode : pourquoi passer à une alimentation française est un défi pour les producteurs ?
👉 Vous souhaitez en apprendre plus sur le projet Alimentation française au sein des producteurs de lait CQLP ?
Retrouvez le premier épisode "Alimentation française : ce que mange une vache ?"
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