Contexte
L’augmentation des différents postes de coûts (énergie, matière première, emballage, transport, etc.) depuis près de 3 ans nous a conduit à suivre très attentivement l’évolution des coûts de production de nos produits pour continuer à soutenir les producteurs et productrices avec une rémunération juste.
Un immense merci à toutes et tous d’avoir toujours répondu présent aux nombreuses consultations !
Tous nos votes ont permis un soutien durable à chaque famille de producteurs associés à la démarche.
En 2024, nous avons continué d’échanger avec tous les groupes de producteurs (des laits et de la crème UHT, des yaourts, du fromage blanc) pour faire le point sur le niveau de rémunération.
Voici les retours qu’ils nous ont partagés : depuis le lancement de la démarche, le niveau de rémunération, voté collectivement, apporte aux producteurs une stabilité dans le temps qui leur permet d’envisager sereinement l’avenir sur leur exploitation.
👉 La rémunération à 0,54€/L est juste et leur permet d’améliorer leurs pratiques, les rendant plus autonomes et résilients d’un point de vue économique et environnemental.
A titre d’exemple, voici ce qu’a déjà mis en place le groupe des premiers producteurs de lait qui ont fourni le lait dès la création de la brique de lait CQLP et qui bénéficie d’une juste rémunération depuis plus de 8 ans maintenant : Ils produisent sur leur ferme des graines (comme du colza, source de protéine pour les vaches) qui vont être transformées dans une usine à proximité de leur bassin de production pour fabriquer les protéines nécessaires à leur troupeau !
💪 Ce projet est une avancée majeure dans la filière car, en général, les aliments riches en protéines que les producteurs achètent viennent du monde entier, il est très complexe de connaître leur provenance exacte et leur impact environnemental.
Sous cette impulsion, l’ensemble des producteurs de lait conventionnel de la démarche vont progressivement utiliser des aliments riches en protéines d’origine française pour leur troupeau et espèrent même être en mesure d’ici juin 2026 de donner à leurs vaches des aliments riches en protéines 100% français 😊
Cet élément deviendra alors un nouveau critère du cahier des charges favorisant la souveraineté alimentaire, l’autonomie des exploitations et une agriculture plus vertueuse sur le plan environnemental 🙏😊
🎬 Replay de notre visio collective
Lors de cette visio, Wilfried et Frédéric, producteurs de lait historique de la démarche, étaient présents pour parler de la production locale de l’alimentation riche en protéine et répondre à toutes nos questions ! 😊
Plus d'informations sur ce plan de progrès :
Zoom sur le suivi de CQLP des coûts de production des producteurs :
Voici les différentes actions réalisées afin de garantir des Prix Votés Conseillés justes en rayon pour nous consommateurs, et un niveau de rémunération qui permet aux producteurs d’envisager sereinement l’avenir sur leurs exploitations :
- Un suivi mensuel de l’évolution des indicateurs de coûts de production (prix de l’énergie, prix des engrais, niveau du SMIC, etc.) :

Ces données datent de septembre 2024.
En cette année 2025, on s’attend à ce que certains indicateurs de coûts de production agricole soient en légère baisse par rapport aux années inflationnistes, mais restent très élevés.
💡Ces indicateurs donnent des tendances, mais ne reflètent pas toujours la réalité sur le terrain. Par exemple, les producteurs achètent leur engrais à des périodes précises dans l’année et non tous les mois. Un autre exemple concerne l’alimentation des vaches. Les cultures sont produites une année, puis sont utilisées l’année suivante, voire celle d’après pour ceux qui stockent beaucoup.
- La création d’un modèle d’estimation de la juste rémunération pour les producteurs de lait, basé sur les indicateurs et les spécificités du cahier des charges voté collectivement. Ce document est mis à jour environ tous les 2 à 3 mois.
Certains coûts de production étant à la baisse par rapport aux autres années, l’estimation de la juste rémunération via le modèle suit une tendance légèrement baissière mais pas nettement marquée.
🚨 Ce modèle n’est pas un outil décisionnaire sur le niveau de rémunération. C’est un support pour nous permettre de mieux anticiper les évolutions significatives des coûts de production. Les producteurs nous font ensuite part des réalités du terrain, ce sont eux qui déterminent la juste rémunération.
Ces constats ont été partagés aux producteurs et permettent d’ouvrir la discussion quant au niveau de rémunération.
- Des rencontres tous les 3 à 4 mois avec les différents groupes de producteurs afin de s’assurer du niveau de la juste rémunération.
Les divers suivis sont très importants mais la parole des producteurs et leur expérience sont primordiales pour refléter la réalité du terrain, et c’est grâce à leurs retours que nous avons pu établir le constat ci-dessous 👇🙂.
Le retour des producteurs sur le niveau de rémunération (laits, crème UHT, yaourts, fromage blanc) :
Nous nous sommes réunis avec tous les groupes de producteurs (laits et crème UHT, yaourts, fromage blanc) afin d’avoir leur retour sur le niveau de rémunération dont ils ont besoin pour être payés de manière juste et investir sur leurs exploitations.
Les producteurs, ont souligné l’importance pour eux de maintenir la rémunération actuelle à 0,54€/L de lait :
- Bien que certains coûts de production aient baissé, d’autres ont augmenté comme la main d’œuvre, les taux d’intérêts, et les producteurs sont inquiets des mauvaises récoltes des céréales de l’été 2024 suite à une météo compliquée. Avec ce niveau de rémunération, ils envisagent plus sereinement l’avenir sur leurs exploitations.
- En France, 27 exploitations agricoles ferment chaque jour. Avec une rémunération à 0,54€/L les producteurs sont rassurés quant à la reprise de leur exploitation et donc du maintien de l’activité agricole en France. C’est grâce à ce niveau de prix que de nouveaux agriculteurs sont motivés à s’installer.
Depuis le lancement de la démarche, la juste rémunération de leur travail leur a permis d’initier et de déployer des pratiques vertueuses pour l’environnement. Les producteurs nous disent qu’ils mettent en place ces pratiques car ils sont plus sereins sur l’avenir de leur exploitation et ont envie d’expérimenter. Par exemple, certains producteurs ont réalisé des diagnostics CAP2ER.
💡Ce diagnostic permet de comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre sur une exploitation et de proposer des solutions, adaptées à chacun, pour les réduire.
- Depuis 2016, les producteurs ont le sentiment que la démarche CQLP a permis aux autres laiteries d’adapter la rémunération. Selon eux, baisser le prix CQLP enverrait un signal fort aux laiteries, ce qui pourrait leur porter préjudice. A date, les producteurs s’accordent pour dire que baisser la rémunération CQLP est un risque trop important.
Cette envie de faire évoluer positivement leurs pratiques grâce à la juste rémunération est ressortie lors de nos échanges : les producteurs estiment que le cahier des charges CQLP peut encore évoluer notamment sur l’alimentation donnée aux vaches.
👉En ce sens, collectivement, ils proposent de maintenir la rémunération à 0,54€/L, qu’ils qualifient de juste, et de donner aux vaches des protéines exclusivement françaises. Cette évolution est majeure pour l’ensemble de la filière laitière.
C’est un cap commun et nous échangeons avec eux ainsi que les fabricants d’aliments pour avancer par étapes. 👇🏻

A date, la majorité des aliments donnés aux vaches est d’origine française, seuls les tourteaux (soja, colza, tournesol, etc.) ont, en général, une provenance étrangère.
Parmi tous les tourteaux disponibles, pour une même quantité d’aliment, le soja est celui qui apporte le + de protéines et coûte le moins cher. C’est donc celui qui est principalement donné aux vaches. Le soja pousse dans des climats subtropicaux humides : le Brésil, l’Argentine et l’Inde sont donc des pays propices à cette culture. Il peut être génétiquement modifié (OGM) ou non*. En France, la production de soja est aujourd’hui encore très faible. Pour l’alimentation animale (vaches, poules etc.) la France importe 90% du soja en provenance de ces pays**
La culture du soja, contribue à la déforestation et a un impact sur la biodiversité, les populations locales et le climat.* Le soja importé est responsable de 3 à 7 % de l’empreinte carbone de la production de lait.
* 💡Au lancement des produits (laits, yaourts, fromage blanc, crème UHT) nous avons voté pour utiliser du soja non-OGM mais ce critère n’offre pas de garantie sur l’environnement (déforestation, climat, biodiversité et les populations locales).
** Source : En France les animaux d’élevage sont nourris avec du soja issu de la déforestation VRAI ou FAUX, Chaire BEA Vetagro-Sup.
Quels impacts pour ces changements ?
Les avantages de ce changement de pratique :
- Environnement :
- Limite la déforestation, l’impact sur la biodiversité et les populations locales. Comme expliqué plus haut, une grande partie des protéines données actuellement dans les élevages est le soja. Cette culture provient très majoritairement de pays tel que le Brésil et contribue fortement à la déforestation, et a un impact sur les populations locales et la biodiversité environnante.
- Les aliments ne seront pas transportés par des cargos. Le transport maritime est responsable en partie de la pollution de l’air.
- Souveraineté : les producteurs achètent les protéines en France auprès d’autres éleveurs français ou auprès de certains voisins agriculteurs. Cette autonomie leur permet d’être indépendants des pays producteurs de protéines.
Certains producteurs, s’ils le peuvent et souhaitent, pourront produire sur leurs exploitations leurs propres protéines. Ce changement de pratique les rend plus autonomes et moins dépendants des pays.
- Stabilité économique : les producteurs sont moins dépendants des fluctuations des prix du marché (Brésil, Inde, etc.). Cela leur permet d’envisager plus sereinement l’avenir sur leur exploitation et d’avoir une vision long terme.
Ces changements ne seront pas sans conséquence pour les producteurs, plusieurs enjeux sont à prendre en compte :
- Economique : utiliser de la protéine française peut générer des surcoûts à la production, ils sont variables d’une région à l’autre et d’un fabricant d’aliment à l’autre (certains producteurs n’ont pas de surcoût quand d’autres estiment avoir un surcoût de 0,02€/L). Les producteurs estiment que le niveau de rémunération à 0,54€/L est juste pour passer à de la protéine française.
- Les protéines françaises ne sont pas toujours disponibles :
- Pour que les fabricants d’aliments développent des protéines françaises, il faut que les matières premières (colza, tournesol…) soient cultivées localement, mais ce n’est pas le cas dans toutes les régions (certaines zones sont plus propices que d’autres pour en cultiver).
- Lorsque la matière première est cultivée, il faut que les récoltes soient de bonne qualité et en quantité suffisante chaque année. La météo est donc un facteur pouvant fortement impacter la disponibilité de la matière.
Si les quantités et la qualité des matières premières françaises ne sont pas au rendez-vous, il se peut que les fabricants utilisent des matières premières non-françaises (Europe, voire monde).
- La traçabilité chez les fournisseurs d’aliments : aujourd’hui, c’est un véritable grand pas en avant sur cette filière car il y a peu de traçabilité, il faut que les fabricants d’aliments pour animaux puissent garantir aux producteurs que les protéines données aux vaches proviennent de France. Pour cela, ils doivent développer des filières tracées spécifiques, ce qui prend du temps et a un coût. En général, les fabricants proposent ce type d’alimentation souvent par “opportunités territoriales” (demande des producteurs et des magasins, bonne production de colza sur le territoire, etc.).
Ces enjeux font que cette pratique ne peut pas s’appliquer du jour au lendemain sur les exploitations. C’est pour ces raisons que la transition doit être progressive, avec pour objectif d’y parvenir d’ici juin 2026.
Il est possible que ce cap soit réévalué selon la disponibilité de la matière et les surcoûts associés.
Cette évolution concerne-t-elle tous les produits (laits, crème UHT, yaourts et fromage blanc) CQLP ?
Pour rappel, actuellement, tous les producteurs de lait conventionnel partagent le même cahier des charges. Cette évolution concerne : les laits et la crème UHT, les yaourts, et le fromage blanc. Nous continuons les discussions avec les producteurs et le partenaire sur les beurres de baratte. En effet, il y a un audit alimentaire en cours chez les producteurs, nous aurons plus d’informations à partager en février 😊
Ce déploiement peut prendre quelques mois voire 2 ans selon les exploitations.
Construire avec tous les producteurs cette transition est un réel défi et la transition se fera progressivement via des rencontres intermédiaires pour analyser les avancées sur le sujet. En tant que consommateurs, nous avons la capacité de les accompagner et de les soutenir. Tous nos achats solidaires depuis 2016 le permettent, alors un grand merci 🙏🏻.
Commentaires et discussions
Vous devez être connecté en tant que sociétaire pour commenter cet article.
Je me connecte – Je deviens sociétaire
