Si le passage à une alimentation française pour nos troupeaux permet de s’affranchir des contraintes du marché mondial, accompagner les producteurs face aux changements climatiques suppose aussi de leur en donner les moyens : un revenu digne, qui leur donne les moyens d’acheter les fourrages manquants à l’extérieur de l’exploitation, qui leur permette d’investir dans leur ferme, d’adapter leurs pratiques et de construire leur avenir.
L’impact de la canicule sur nos fermes
L'été 2026 a été marqué par des épisodes de chaleur exceptionnels : 53 jours de canicule ont été enregistrés en France métropolitaine entre mi-juin et fin août. Pour les éleveurs, les conséquences sont très concrètes : les prairies ont moins poussé et les récoltes de fourrage ont été fortement impactées. Au 10 juillet 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 20 % à celle observée à la même date de la période de référence 1989-2018.
Résultat : les éleveurs doivent puiser plus rapidement dans les stocks constitués pour passer l'hiver, avec la crainte de ne pas en avoir suffisamment pour tenir jusqu'aux prochaines récoltes, devoir en acheter à l'extérieur, à un prix plus élevé, voire envisager de réduire le troupeau et donc son capital. Un aléa climatique tel que celui que nous venons de traverser, a alors des conséquences importantes sur toute la gestion de l'exploitation à court terme mais également à long terme !
Anticiper plutôt que subir : l'exemple d'Aurélien
Face à ces épisodes de canicule qui se répètent, certains producteurs de la démarche ont réussi à anticiper. C'est le cas d'Aurélien qui, après avoir vécu un épisode de sécheresse particulièrement difficile en 2014-2015, a pris conscience de sa dépendance à ses stocks de fourrage. Il a alors décidé d'augmenter fortement sa capacité de stockage, avec la construction d'un nouveau silo représentant un investissement de près de 60 000 €.
Un projet qui, comme il le dit lui-même, ne se décide pas du jour au lendemain et n’a été envisageable que grâce à la juste rémunération que lui assurait notre démarche. Il lui a fallu près de 4 ans pour le penser, trouver les financements et le mettre en place.
