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Face à la canicule, le défi des fermes

Le plan exceptionnel de plus d'un milliard d'euros annoncé par l'État pour aider les agriculteurs à faire face aux pertes et à s'approvisionner en fourrages, illustre l'ampleur des difficultés rencontrées cet été. Alors qu’on parle déjà de possibles augmentations du prix du lait pour cette fin d’année, le défi ne réside t-il pas désormais dans la capacité des exploitations à sécuriser durablement leurs ressources ?

1 octobre 2026

Si le passage à une alimentation française pour nos troupeaux permet de s’affranchir des contraintes du marché mondial, accompagner les producteurs face aux changements climatiques suppose aussi de leur en donner les moyens : un revenu digne, qui leur donne les moyens d’acheter les fourrages manquants à l’extérieur de l’exploitation, qui leur permette d’investir dans leur ferme, d’adapter leurs pratiques et de construire leur avenir.

L’impact de la canicule sur nos fermes

L'été 2026 a été marqué par des épisodes de chaleur exceptionnels : 53 jours de canicule ont été enregistrés en France métropolitaine entre mi-juin et fin août. Pour les éleveurs, les conséquences sont très concrètes : les prairies ont moins poussé et les récoltes de fourrage ont été fortement impactées. Au 10 juillet 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 20 % à celle observée à la même date de la période de référence 1989-2018.

Résultat : les éleveurs doivent puiser plus rapidement dans les stocks constitués pour passer l'hiver, avec la crainte de ne pas en avoir suffisamment pour tenir jusqu'aux prochaines récoltes, devoir en acheter à l'extérieur, à un prix plus élevé, voire envisager de réduire le troupeau et donc son capital. Un aléa climatique tel que celui que nous venons de traverser, a alors des conséquences importantes sur toute la gestion de l'exploitation à court terme mais également à long terme !

Anticiper plutôt que subir : l'exemple d'Aurélien

Face à ces épisodes de canicule qui se répètent, certains producteurs de la démarche ont réussi à anticiper. C'est le cas d'Aurélien qui, après avoir vécu un épisode de sécheresse particulièrement difficile en 2014-2015, a pris conscience de sa dépendance à ses stocks de fourrage. Il a alors décidé d'augmenter fortement sa capacité de stockage, avec la construction d'un nouveau silo représentant un investissement de près de 60 000 €.

Un projet qui, comme il le dit lui-même, ne se décide pas du jour au lendemain et n’a été envisageable que grâce à la juste rémunération que lui assurait notre démarche. Il lui a fallu près de 4 ans pour le penser, trouver les financements et le mettre en place.

Notre réponse : la juste rémunération

Au-delà de l'objectif d'une alimentation française, notre démarche défend une vision plus large de l'agriculture. Nous, les consommateurs, souhaitons promouvoir un modèle où la performance des fermes ne se mesure pas uniquement à leur production, mais aussi à leur capacité à encaisser les chocs et rester robustes face aux aléas, qu’ils soient climatiques ou économiques. Et cette robustesse ne s'improvise pas : elle se construit dans le temps, grâce à une juste rémunération qui permet aux producteurs d'anticiper, d'investir et de s'adapter plus sereinement aux défis de demain.

Ce que permettent nos centimes : des fermes + robustes

🌱 Depuis plusieurs mois nous travaillons à mesurer concrètement ce que permet notre juste rémunération. Toute l’année, nous partons à la rencontre des producteurs de la démarche pour identifier les investissements et les changements rendus possibles lorsqu’ils disposent d'une rémunération qui leur permet de se projeter dans le temps. Car une ferme robuste n'est pas seulement une ferme qui produit : c'est une ferme qui peut encaisser les chocs climatiques, économiques ou géopolitiques tout en continuant à avancer. Construire cette robustesse demande du temps long, des investissements et de la visibilité. Les aides ponctuelles répondent à une urgence, mais elles ne remplacent pas cette capacité d'anticipation construite année après année.

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